{"id":3158,"date":"2010-10-28T17:11:20","date_gmt":"2010-10-28T15:11:20","guid":{"rendered":"?p=3158"},"modified":"2012-10-12T08:38:37","modified_gmt":"2012-10-12T06:38:37","slug":"intervention-de-nicolas-castel","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/sociologie.univ-paris8.fr\/?p=3158","title":{"rendered":"Intervention de Nicolas Castel"},"content":{"rendered":"<p><a href=\"http:\/\/www.ies-salariat.org\/spip.php?article34\">Nicolas Castel<\/a>, sociologue, est intervenu lundi 25 octobre. Un texte de Coline Cardi suivra.<\/p>\n<p><strong>Partie 1 : d\u00e9monter l\u2019argumentaire r\u00e9formateur ou \u00ab il n\u2019y a pas p\u00e9ril en la demeure \u00bb<\/strong><br \/>\nCe qui ce passe aujourd\u2019hui en mati\u00e8re de retraite est la poursuite d\u2019une orientation politique vieille de plus de vingt ans. Nous sommes face \u00e0 un projet \u00e9conomique et non face \u00e0 un \u00ab probl\u00e8me des retraites \u00bb qu\u2019il faudrait r\u00e9soudre. Il n\u2019y a pas de \u00ab probl\u00e8me des retraites \u00bb. Pour le comprendre, tordons le cou \u00e0 plusieurs id\u00e9es fausses.<br \/>\nCommen\u00e7ons par un truisme. La lecture d\u2019ensemble gouvernementale et m\u00e9diatique est tronqu\u00e9e parce qu\u2019elle est strictement gestionnaire. Il est trivial de pr\u00e9senter les 14 millions de retrait\u00e9s d\u2019aujourd\u2019hui et les 20 millions de retrait\u00e9s de demain comme un \u00ab co\u00fbt \u00bb.<br \/>\nContinuons avec une autre absurdit\u00e9 : le \u00ab probl\u00e8me d\u00e9mographique \u00bb. Il y a d\u2019abord cette histoire de \u00ab vieillissement d\u00e9mographique \u00bb. Il s\u2019agit d\u2019un concept id\u00e9ologique invent\u00e9 dans l\u2019entre-deux guerre par les natalistes. Il s\u2019agit aussi d\u2019un concept fig\u00e9. Un individu vieillit par contre une soci\u00e9t\u00e9 ne vieillit pas (ex. immigration toujours possible ; le renouvellement des g\u00e9n\u00e9rations est assur\u00e9 en France ; un \u00e2ge moyen \u00e7a monte et \u00e7a descend). Une soci\u00e9t\u00e9 peut dispara\u00eetre mais \u00e7a n\u2019a pas beaucoup de sens de dire qu\u2019elle vieillit. Transformer une caract\u00e9ristique biographique en caract\u00e9ristique soci\u00e9tale, c\u2019est souvent faire de la sociologie de comptoir !<br \/>\nMais ce qui interpelle le plus, c\u2019est le \u00ab choc d\u00e9mographique \u00bb. On nous dit : \u00ab aujourd\u2019hui nous avons 4 retrait\u00e9s pour 10 actifs alors que demain nous aurons 7 \u00e0 8 retrait\u00e9s pour 10 actifs, c\u2019est la catastrophe, on ne pourra pas payer les retraites ! \u00bb<br \/>\nIl faut y aller doucement parce que les projections d\u00e9mographiques (solides \u00e0 quinze ans pr\u00e8s mais pas au-del\u00e0) disent beaucoup de choses.<br \/>\nGrosso modo, en 1970, pour dix cotisants, il y avait trois retrait\u00e9s. En 2010, \u00e7a double, pour dix cotisants, il y a six retrait\u00e9s. En 2050, est-ce que nous sommes sur la m\u00eame progression, c\u2019est-\u00e0-dire un doublement du nombre de retrait\u00e9s ? Soit douze retrait\u00e9s pour dix cotisants. Et bien non, on s\u2019approche de huit retrait\u00e9s pour dix cotisants. Donc le \u00ab choc \u00bb \u00e0 venir est moins \u00ab percutant \u00bb que celui pass\u00e9. Et m\u00eame plus, le \u00ab choc \u00bb n\u2019est pas \u00ab mortel \u00bb. Allons plus loin avec les m\u00eames projections d\u00e9mographiques. Elles disent une chose essentielle et assez encourageante pour l\u2019avenir. En 2000, pour dix cotisants, il y avait 16 inactifs et actifs inoccup\u00e9s (les ch\u00f4meurs). En 2050, pour dix cotisants, il y aura 17 inactifs et actifs inoccup\u00e9s. Est-il si difficile de pr\u00e9voir sur une p\u00e9riode de cinquante ans de financer progressivement un inactif de plus pour dix cotisants ? !!!<br \/>\nSoit dit en passant, il faut rappeler dans le contexte \u00e9conomique tr\u00e8s dur que nous vivons, un autre \u00e9l\u00e9ment encourageant, le taux d\u2019emploi. Il se trouve que le taux d\u2019emploi des 20-59 ans est en progression : il est aujourd\u2019hui de 75 % alors qu\u2019il \u00e9tait de 65 % au d\u00e9but des ann\u00e9es 1960. Donc si \u00ab plein-emploi \u00bb il y a, celui-ci est bien plut\u00f4t devant nous que derri\u00e8re nous (durant les \u00ab trente-glorieuses \u00bb).<br \/>\nBref, il n\u2019y a pas de \u00ab choc d\u00e9mographique \u00bb. Par contre, il y a un besoin de ressources mon\u00e9taires plus important en direction d\u2019une population retrait\u00e9e plus nombreuse et qui parce qu\u2019elle quitte de plus en plus t\u00f4t le travail subordonn\u00e9 (c\u2019est-\u00e0-dire l\u2019emploi) vit heureusement plus longtemps.<br \/>\nComment financer les retraites ? L\u00e0, il faut proposer une hypoth\u00e8se un peu folle. Il faut faire sauter le seul, l\u2019unique tabou dans le d\u00e9bat sur les retraites. Il faut faire l\u2019hypoth\u00e8se d\u2019une augmentation des taux de cotisation sociale et donc plus largement des salaires.<br \/>\nEn s\u2019appuyant sur les donn\u00e9es du Conseil d\u2019Orientation des Retraites en 2001, on s\u2019aper\u00e7oit que pour conserver des droits \u00e0 pension \u00e9lev\u00e9s \u00e0 partir de 60 ans et assis sur 150 trimestres, tout en faisant face \u00e0 l\u2019augmentation des besoins de financement du fait d\u2019une population de retrait\u00e9s plus nombreuse et vivant plus longtemps, tout cela suppose d\u2019augmenter les taux de cotisation de 0,375 point tous les ans durant quarante ans.<br \/>\nIl se trouve que cette hausse des taux de cotisation de 0,3 \u00e0 0,4 point tous les ans liss\u00e9e sur quarante ou cinquante ans, c\u2019est pareil, et m\u00eame moins, que celle qui fut faite durant cinquante ans pour cr\u00e9er et p\u00e9renniser \u2013 au sortir de deux guerres mondiales et d\u2019une des plus grandes crises financi\u00e8res de l\u2019histoire du capitalisme \u2013 un syst\u00e8me de S\u00e9curit\u00e9 sociale qui est, faut-il le rappeler, un des meilleurs au monde.<br \/>\nJ\u2019entends bien qu\u2019on puisse ne pas \u00eatre convaincu par l\u2019argument r\u00e9trospectif. Alors faisons du prospectif\u2026<br \/>\nOn peut dire \u00ab si on donne aux retrait\u00e9s, on ne pourra pas donner aux salari\u00e9s \u00bb. Et bien non, parce qu\u2019on sera amen\u00e9 \u00e0 se partager un g\u00e2teau plus gros. On constate en effet que le PIB double tous les cinquante ans en monnaie constante. Prenons un exemple. En 1950, sur un PIB de 750 milliards d\u2019euros, il fallait 5 % pour les retraites et il restait 712,5 milliards pour les salaires des actifs, l\u2019investissement, les profits, les services publics et l\u2019ensemble des autres prestations sociales (naissantes \u00e0 l\u2019\u00e9poque). En 2000, nous consacrons 12 % d\u2019un PIB de 1500 milliards d\u2019euros, il reste 1320 milliards pour tout le reste. En 2050, nous consacrerons 20 % d\u2019un PIB de 3000 milliards d\u2019euros, il restera 2400 milliards d\u2019euros pour les salari\u00e9s, l\u2019investissement, les droits sociaux et pourquoi pas pour une nouvelle cotisation relative \u00e0 la protection de l\u2019environnement.<br \/>\nNotre syst\u00e8me de protection sociale n\u2019est donc pas confront\u00e9 \u00e0 un d\u00e9sastre d\u00e9mographique. Il n\u2019y a pas d\u2019urgence et nous avons le temps de r\u00e9fl\u00e9chir \u00e0 des financements suppl\u00e9mentaires.<\/p>\n<p><strong>Partie 2 : O\u00f9 il est question du projet \u00e9conomique et politique des r\u00e9formateurs.<\/strong><br \/>\nAlors s\u2019il n\u2019y a pas de \u00ab probl\u00e8me des retraites \u00bb comment interpr\u00e9ter ce qu\u2019il est convenu d\u2019appeler depuis deux d\u00e9cennies en alt\u00e9rant le sens du mot r\u00e9forme : la r\u00e9forme des retraites ? Qu\u2019est-ce que cette contre-r\u00e9forme qui commence en 1987 lorsque S\u00e9guin d\u00e9cide d\u2019indexer sur les prix les retraites liquid\u00e9es et les salaires port\u00e9s au compte de l\u2019assur\u00e9 ?<br \/>\nLa r\u00e9forme des retraites, c\u2019est une transformation de la r\u00e9partition.<br \/>\nDans les soci\u00e9t\u00e9s capitalistes et salariales sur longue p\u00e9riode, la tension est forte entre une progressive et massive socialisation des ressources mon\u00e9taires (en l\u2019occurrence des salaires via les cotisations sociales) et une logique lib\u00e9rale encourageant la pr\u00e9voyance pour les plus riches et l\u2019assistance pour les plus pauvres. Le syst\u00e8me des retraites est au c\u0153ur de cette opposition s\u00e9culaire entre la socialisation des salaires et le vieux bin\u00f4me pr\u00e9voyance\/charit\u00e9.<br \/>\nNotre syst\u00e8me vient de loin. Les fonctionnaires qui quittaient leur service \u00e0 60 ans ou 55 ans, conservaient leur grade dans leur pension. Pour eux, la retraite repr\u00e9sentait la continuation de leur traitement et cela s\u2019est progressivement mis en place entre les lois de 1853 et 1948. Il se trouve que pour un nombre de plus en plus important d\u2019hommes essentiellement, la retraite par imitation avec la logique \u00e0 l\u2019\u0153uvre dans la Fonction publique, prend la forme d\u2019une continuation de son salaire. Un salaire continu\u00e9 r\u00e9f\u00e9r\u00e9 \u00e0 sa meilleure qualification durant une p\u00e9riode de vie de plusieurs d\u00e9cennies \u00e9mancip\u00e9e du march\u00e9 du travail.<br \/>\nLes traits venant affirmer la retraite comme continuation du salaire sont nombreux :<br \/>\n&#8211; des taux de remplacement \u00e9lev\u00e9s (en moyenne une pension \u00e9quivalent \u00e0 85 % du dernier salaire pour la g\u00e9n\u00e9ration de 1930 ayant une carri\u00e8re compl\u00e8te). Ces taux de remplacement rendent inutile le recours \u00e0 de l\u2019\u00e9pargne-retraite (et ainsi n\u2019encouragent pas une accumulation financi\u00e8re nocive en termes d\u2019emplois) ;<br \/>\n&#8211; une indexation sur les salaires qui affirme le lien entre les salari\u00e9s en activit\u00e9 et les salari\u00e9s retrait\u00e9s ;<br \/>\n&#8211; une mensualisation des pensions comme des r\u00e9mun\u00e9rations qui rapproche les retrait\u00e9s des salari\u00e9s en activit\u00e9 ;<br \/>\n&#8211; une prise en compte des meilleurs salaires de la carri\u00e8re (les dix meilleures ann\u00e9es) en respect de la qualification acquise durant sa formation et sa vie de travail ;<br \/>\n&#8211; un financement par des cotisations sociales ;<br \/>\n&#8211; une dur\u00e9e de cotisation possible (37,5 annuit\u00e9s) ;<br \/>\n&#8211; une solidarit\u00e9 salariale \u00e9largie (c\u2019est-\u00e0-dire pas de distinction dans le financement entre des droits qui seraient contributifs et des droits qui seraient non contributifs) ;<br \/>\n&#8211; et enfin, l\u2019affirmation d\u2019un \u00e2ge politique d\u2019\u00e9mancipation du travail subordonn\u00e9 (60 ans ou 65 ans).<br \/>\nOr la contre-r\u00e9forme va remettre en cause la quasi-totalit\u00e9 de ces \u00e9l\u00e9ments. J\u2019en donne les grandes lignes.<br \/>\nPrimo. Il s\u2019agit d\u2019une mise en difficult\u00e9 structurelle du syst\u00e8me par un gel des taux de cotisations patronales dans le r\u00e9gime g\u00e9n\u00e9ral depuis 1979 et plus tardivement dans les r\u00e9gimes compl\u00e9mentaires et par des exon\u00e9rations de cotisations sociales partiellement rembours\u00e9es et inefficaces en termes de cr\u00e9ation d\u2019emplois de qualit\u00e9.<br \/>\nSecundo. Il s\u2019agit d\u2019une indexation sur les prix et non sur les salaires tr\u00e8s p\u00e9nalisante depuis 1987 pour les pensions du priv\u00e9, renouvel\u00e9e pour cinq ans par Balladur en 1993, poursuivie par Jospin en 1998, \u00e9tendue par Fillon aux pensions publiques en 2003 et aux pensions des r\u00e9gimes d\u2019entreprise par Bertrand en 2008.<br \/>\nTertio. Il s\u2019agit d\u2019\u00e9tendre la subordination du travail au-del\u00e0 de 60 ans (\u00ab nous vivons plus longtemps donc nous devons travailler plus longtemps \u00bb nous dit-on) mais surtout il s\u2019agit de diminuer les taux de remplacement afin que ceux qui le peuvent \u00e9pargnent et viennent se faisant alimenter la sp\u00e9culation financi\u00e8re.<br \/>\nComment ? Et bien par les mesures suivantes :<br \/>\n&#8211; allongement de la dur\u00e9e de cotisation de 37 ann\u00e9es et demie \u00e0 41 ann\u00e9es pour pouvoir pr\u00e9tendre au taux plein d\u00e8s 60 ans ;<br \/>\n&#8211; un salaire de r\u00e9f\u00e9rence \u00e9gal aux 25 et non plus aux 10 meilleures ann\u00e9es de la carri\u00e8re ;<br \/>\n&#8211; un jeu de d\u00e9cote\/surcote ;<br \/>\n&#8211; une possibilit\u00e9 pour l\u2019employeur de mettre d\u2019office un employ\u00e9 \u00e0 la retraite repouss\u00e9e de 60 \u00e0 70 ans ;<br \/>\n&#8211; des mesures facilitant le cumul emploi\/retraite ;<br \/>\n&#8211; et enfin des \u00e2ges l\u00e9gaux repouss\u00e9s de deux ans (62 ans et 67 ans).<br \/>\nLa contre-r\u00e9forme en marche depuis la fin des ann\u00e9es 1980 vient donc transformer la r\u00e9partition. Il s\u2019agit pour les r\u00e9formateurs de supprimer la pension comme continuation du salaire pour donner \u00e0 la place deux choses :<br \/>\n&#8211; soit, sur un financement par cotisations sociales, une pension comme revenu diff\u00e9r\u00e9. C\u2019est-\u00e0-dire la stricte r\u00e9cup\u00e9ration, virtuelle toujours, de mes cotisations pass\u00e9es. C\u2019est ce qu\u2019on appelle la \u00ab contributivit\u00e9 \u00bb qu\u2019on retrouve dans les \u00ab comptes notionnels \u00bb ou un \u00ab syst\u00e8me en points \u00bb qu\u2019on essaye de nous vendre. Ce revenu diff\u00e9r\u00e9 pourrait \u00eatre compl\u00e9t\u00e9 lorsque sa r\u00e9mun\u00e9ration le permet par une \u00e9pargne-retraite.<br \/>\n&#8211; soit, sur un financement par l\u2019imp\u00f4t, une pension comme allocation. Le pauvre n\u2019ayant pas pu cotiser, parce qu\u2019inemployable ou stigmatis\u00e9 comme tel, aura droit au nom de la solidarit\u00e9 nationale, autrement dit au nom de la charit\u00e9, \u00e0 une allocation.<br \/>\nLa boucle est boucl\u00e9e. Nous retrouvons le vieux bin\u00f4me lib\u00e9ral qui fait de nous de bons retrait\u00e9s pr\u00e9voyants ayant longtemps \u00e9t\u00e9 en situation d\u2019emploi ou alors qui nous renvoie \u00e0 la figure du pauvre. Et cela contre la figure sous-estim\u00e9e du retrait\u00e9 salari\u00e9, celui qui voit dans sa pension la continuation de son salaire lui permettant d\u2019inventer par une pluralit\u00e9 d\u2019activit\u00e9s sociales un nouveau rapport au travail \u00e9mancip\u00e9 de toute subordination.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Sur la r\u00e9forme des retraites. Intervention le 25 octobre 2010.<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[2],"tags":[],"class_list":["post-3158","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-actu-profs","category-2","description-off"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/sociologie.univ-paris8.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3158","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/sociologie.univ-paris8.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/sociologie.univ-paris8.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/sociologie.univ-paris8.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/sociologie.univ-paris8.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=3158"}],"version-history":[{"count":7,"href":"https:\/\/sociologie.univ-paris8.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3158\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":5106,"href":"https:\/\/sociologie.univ-paris8.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3158\/revisions\/5106"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/sociologie.univ-paris8.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=3158"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/sociologie.univ-paris8.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=3158"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/sociologie.univ-paris8.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=3158"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}