{"id":249,"date":"2007-05-29T19:55:42","date_gmt":"2007-05-29T17:55:42","guid":{"rendered":"?p=249"},"modified":"2007-06-13T09:31:54","modified_gmt":"2007-06-13T07:31:54","slug":"claire-levy-vroelant-a-la-radio","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/sociologie.univ-paris8.fr\/?p=249","title":{"rendered":"Claire L\u00e9vy-Vroelant sur France-Inter"},"content":{"rendered":"<p><a href=\"?page_id=12\">Claire L\u00c3\u00a9vy-Vroelant<\/a>, professeure de sociologie \u00c3\u00a0 l&rsquo;universit\u00c3\u00a9 Paris VIII, sera, jeudi 31\/05\/2007, invit\u00c3\u00a9e de l&rsquo;\u00c3\u00a9mission <i><a href=\"http:\/\/www.radiofrance.fr\/franceinter\/em\/servicepublic\/index.php?id=56160\">Service Public<\/a><\/i> sur France Inter (de 9h30 \u00c3\u00a0 10h30). Le th\u00c3\u00a8me : \u00ab\u00a0Le scandale des h\u00c3\u00b4tels meubl\u00c3\u00a9s\u00a0\u00bb, est en lien \u00c3\u00a9troit avec son dernier ouvrage, <i>Une Chambre en ville<\/i> (ed. Cr\u00c3\u00a9aphis, avec Alain Faure).<br \/>\nL&rsquo;\u00c3\u00a9mission est \u00c3\u00a9coutable <a href=\"fichiers\/20070531-franceinter-levyvroelant.mp3\">au format mp3 : Le Scandale des H\u00c3\u00b4tels meubl\u00c3\u00a9s<\/a>.<br \/>\nDans un num\u00c3\u00a9ro r\u00c3\u00a9cent de <i>Paris Obs<\/i>, Claire L\u00c3\u00a9vy-Vroelant et Alain Faure \u00c3\u00a9taient interview\u00c3\u00a9s :<br \/>\n<strong>Requiem pour l\u00e2??h\u00c3\u00b4tel meubl\u00c3\u00a9<\/strong><br \/>\n<i>Longtemps, le \u00e2??garni\u00e2?? parisien fut un toit provisoire pour les ouvriers d\u00c3\u00a9barquant dans la capitale. Il est devenu un \u00e2??bidonville en dur\u00e2??. R\u00c3\u00a9cit d\u00e2??une d\u00c3\u00a9ch\u00c3\u00a9ance.<br \/>\nLa sociologue Claire L\u00c3\u00a9vy-Vroelant , par ailleurs membre de l\u00e2??Observatoire des h\u00c3\u00b4tels cr\u00c3\u00a9\u00c3\u00a9 par la mairie de Paris, et l\u00e2??historien Alain Faure livrent aujourd\u00e2??hui une somme (430 pages !) sur les h\u00c3\u00b4tels garnis et meubl\u00c3\u00a9s de 1860 \u00c3\u00a0 1990*, nourrie de photos, statistiques polici\u00c3\u00a8res, rapports d\u00e2??inspection. <\/i><\/p>\n<p>ParisObs. \u00e2?? Lors de l\u00e2??incendie de l\u00e2??h\u00c3\u00b4tel meubl\u00c3\u00a9 Paris Op\u00c3\u00a9ra, il y a deux ans, vous \u00c3\u00a9tiez plong\u00c3\u00a9s dans l\u00e2??histoire de ces garnis. Quelle avait \u00c3\u00a9t\u00c3\u00a9 votre r\u00c3\u00a9action ?<\/p>\n<p>Alain Faure. \u00e2?? Les incendies ponctuent l\u00e2??histoire des meubl\u00c3\u00a9s depuis les ann\u00c3\u00a9es 80. Pendant longtemps, les h\u00c3\u00b4tels n\u00e2??\u00c3\u00a9taient pas plus insalubres que les autres immeubles. Ils se sont d\u00c3\u00a9grad\u00c3\u00a9s \u00c3\u00a0 partir des ann\u00c3\u00a9es 50-60. D\u00e2??o\u00c3\u00b9 cette situation de \u00c2\u00ab bidonvilles en dur \u00c2\u00bb g\u00c3\u00a9n\u00c3\u00a9ratrice de catastrophes ! <\/p>\n<p>Claire L\u00c3\u00a9vy-Vroelant. \u00e2?? J\u00e2??ai ressenti un sacr\u00c3\u00a9 go\u00c3\u00bbt de d\u00c3\u00a9j\u00c3\u00a0-vu. C\u00e2??est en fait la p\u00c3\u00a9nurie de logements sociaux ou bon march\u00c3\u00a9, qui met la pression sur les h\u00c3\u00b4tels meubl\u00c3\u00a9s et cr\u00c3\u00a9e ce type de situation dramatique. <\/p>\n<p>ParisObs.\u00e2?? Les logements et h\u00c3\u00b4tels meubl\u00c3\u00a9s avaient un tout autre statut au XIX e et au d\u00c3\u00a9but du XX e si\u00c3\u00a8cle\u00e2?\u00a6 <\/p>\n<p>A. F. \u00e2?? Au XIX e , Paris devient une tr\u00c3\u00a8s grande ville et accueille des masses de jeunes migrants c\u00c3\u00a9libataires, employ\u00c3\u00a9s et surtout ouvriers d\u00e2??origine provinciale ou \u00c3\u00a9trang\u00c3\u00a8re, venant travailler dans l\u00e2??industrie et le commerce. La mobilit\u00c3\u00a9 est consid\u00c3\u00a9rable : dix arrivent, neuf repartent. Le meubl\u00c3\u00a9 fonctionne sur cette respiration, suit la conjoncture \u00c3\u00a9conomique. Certaines ann\u00c3\u00a9es, apr\u00c3\u00a8s 1860, on d\u00c3\u00a9passe 200 000 locataires de meubl\u00c3\u00a9s, soit 10% de la population parisienne ! Il y a dans les ann\u00c3\u00a9es 1880 plus de 12 000 h\u00c3\u00b4tels \u00c3\u00a0 Paris contre moins de 1 000 aujourd\u00e2??hui. Le syst\u00c3\u00a8me est plus confortable qu\u00e2??\u00c3\u00a0 Londres, o\u00c3\u00b9 les migrants doivent louer des lits chez l\u00e2??habitant. Au bout d\u00e2??un certain temps, l\u00e2??ouvrier ou l\u00e2??employ\u00c3\u00a9 se marie, quitte son garni pour louer un appartement. Le garni n\u00e2??est qu\u00e2??une \u00c3\u00a9tape, un sas. Le syst\u00c3\u00a8me fonctionne bien parce qu\u00e2??il y a suffisamment de logements bon march\u00c3\u00a9.<\/p>\n<p>ParisObs. \u00e2?? D\u00c3\u00a8s la fin du XIX e , le garni n\u00e2??a plus ce r\u00c3\u00b4le positif. Que se passe-t-il ? <\/p>\n<p>A. F. \u00e2?? C\u00e2??est le d\u00c3\u00a9but de la crise du syst\u00c3\u00a8me. Dans les arrondissements populaires de Paris, les 11 e , 20 e , 14 e , 13 e , l\u00e2??offre en logements ouvriers s\u00e2??essouffle : on ne construit plus que pour la petite bourgeoisie, si bien que le migrant pauvre ne peut plus quitter l\u00e2??h\u00c3\u00b4tel. Il est en quelque sorte prisonnier, pi\u00c3\u00a9g\u00c3\u00a9. Du coup, dans les ann\u00c3\u00a9es 20, p\u00c3\u00a9riode de fortes migrations, on assiste \u00c3\u00a0 une hypertrophie du secteur qui abritera plus de 300 000 Parisiens en 1931. Beaucoup de propri\u00c3\u00a9taires convertissent alors \u00c3\u00a0 tour de bras leur maison en chambres \u00c3\u00a0 louer \u00c3\u00a0 tous les \u00c3\u00a9tages. C\u00e2??est la naissance des marchands de sommeil. Le syst\u00c3\u00a8me ne respire plus, le sas se referme. Arrive la crise des ann\u00c3\u00a9es 30 qui vide les garnis \u00e2?? il n\u00e2??y a plus de travail, c\u2019est logique \u2013 et voit la faillite de milliers d\u2019\u00e9tablissements. Ils ne rouvriront jamais. <\/p>\n<p>ParisObs. \u2013 Les ann\u00e9es 50 sont dramatiques. Vous d\u00e9cortiquez le recensement de l\u2019ann\u00e9e 1954, qui se trouve \u00eatre celle de l\u2019appel de l\u2019abb\u00e9 Pierre. <\/p>\n<p>C. L.-V. \u2013 Ce sont les Trente Glorieuses. L\u2019embellie \u00e9conomique voit affluer provinciaux, paysans, et Nord-Africains. En 1949, 190 000 Parisiens vivent en garni, ils sont \u00e0 nouveau 300 000 en 1954 ! Parmi eux, 41% d\u2019ouvriers, 15,5% d\u2019employ\u00e9s, mais aussi 13,7% de cadres et professions lib\u00e9rales qui ne trouvent pas \u00e0 se loger. Tous s\u2019entassent dans un secteur r\u00e9tr\u00e9ci. On va finir par voir na\u00eetre les bidonvilles et l\u2019autoconstruction ! De plus, les meubl\u00e9s, qui jusque-l\u00e0 ne se distinguaient pas physiquement, vont se d\u00e9grader, alors m\u00eame que le parc de logements et l\u2019h\u00f4tellerie de tourisme se modernisent. Il y a un d\u00e9crochage. Et c\u2019est \u00e0 ce moment-l\u00e0 que l\u2019arriv\u00e9e de familles enti\u00e8res dans ces espaces r\u00e9duits est de plus en plus visible. Dans un ouvrage de 1956, \u00ab la Vie quotidienne des familles ouvri\u00e8res \u00bb, l\u2019auteur, Paul-Henri Chombart de Lauwe, \u00e9crit ceci : \u00ab Au-dessous d\u2019une certaine surface, la vie familiale devient de plus en plus difficile \u00e0 supporter. La femme, harcel\u00e9e par les enfants, \u00e9reint\u00e9e par les lessives, s\u2019\u00e9puise rapidement dans un logement qu\u2019elle ne peut m\u00eame pas, faute de place, arranger \u00e0 son go\u00fbt ni garder propre. \u00bb <\/p>\n<p>ParisObs. \u2013 La construction de logements sociaux dans les ann\u00e9es 60-70 va-t-elle rendre aux garnis et meubl\u00e9s parisiens leur vocation d\u2019origine, celle de simple \u00e9tape avant un vrai chez-soi ? <\/p>\n<p>C. L.-V. \u2013 Non. De nombreux petits h\u00f4tels vont dispara\u00eetre sous le coup des pelleteuses. Paris se lance dans une modernisation \u00e0 marche forc\u00e9e, avec des constructions de standing. Les bidonvilles en banlieue, les foyers Sonacotra et r\u00e9sidences sociales remplacent les meubl\u00e9s. Mais ces r\u00e9sidences n\u2019ont pas les m\u00eames vertus : il n\u2019y a plus cette souplesse de gr\u00e9 \u00e0 gr\u00e9, la possibilit\u00e9 d\u2019avoir la cl\u00e9 de la chambre en cinq minutes. Il y a des files d\u2019attente comme dans le logement social. Les demandeurs d\u2019asile ou les grandes familles africaines, les sortants de prison ou d\u2019h\u00f4pital psychiatrique en sont les grands perdants. Ce secteur disait certes la mis\u00e8re, mais aussi l\u2019hospitalit\u00e9 urbaine. C\u2019\u00e9tait un moyen de trouver sa place dans la ville. <\/p>\n<p>ParisObs. \u2013 La situation actuelle \u00e0 Paris ? <\/p>\n<p>C. L.-V. \u2013 Apr\u00e8s l\u2019incendie du Paris Op\u00e9ra, la Ville a d\u00e9cid\u00e9 d\u2019aider financi\u00e8rement les h\u00f4teliers qui veulent r\u00e9habiliter. En \u00e9change, elle y r\u00e9servera des chambres pour les familles en grande difficult\u00e9. C\u2019est int\u00e9ressant, mais on reste dans la solution d\u2019urgence. <\/p>\n<p>(*) <a href=\"?p=238\">Une chambre en ville<\/a>, \u00e9ditions Cr\u00e9aphis, 32 \u20ac .<br \/>\n(<a href=\"http:\/\/parisobs.nouvelobs.com\/hebdo\/parution\/p325_2218\/articles\/a343523-Requiem_pour_l\u2019h\u00f4tel_meubl\u00e9.html\">source : Paris Obs, 10 mai 2007<\/a>)<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p><img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/image.radio-france.fr\/_c\/img\/logo\/logo_franceinter.gif\" class=\"alignright\"\/><a href=\"http:\/\/www.univ-paris8.fr\/sociologie\/?page_id=12\">Claire L\u00e9vy-Vroelant<\/a>, professeure de sociologie \u00e0 l&rsquo;universit\u00e9 Paris VIII, sera, jeudi 31\/05\/2007, invit\u00e9e de l&rsquo;\u00e9mission <i><a href=\"http:\/\/www.radiofrance.fr\/franceinter\/em\/servicepublic\/index.php?id=56160\">Service Public<\/a><\/i> sur France Inter (de 9h30 \u00e0 10h30). Le th\u00e8me : \u00ab\u00a0Le scandale des h\u00f4tels meubl\u00e9s\u00a0\u00bb, est en lien \u00e9troit avec son dernier ouvrage, <i>Une Chambre en ville<\/i> (ed. Cr\u00e9aphis, avec Alain Faure).<br \/>\n<a href=\"http:\/\/www.radiofrance.fr\/franceinter\/em\/servicepublic\/index.php?id=56160\">site de l&rsquo;\u00e9mission \u00ab\u00a0Service Public\u00a0\u00bb<\/a>, sur France-Inter.<br \/>\nPar ailleurs, dans un num\u00e9ro r\u00e9cent de <i>Paris Obs<\/i>, Claire L\u00e9vy-Vroelant et Alain Faure \u00e9taient interview\u00e9s&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[2],"tags":[],"class_list":["post-249","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-actu-profs","category-2","description-off"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/sociologie.univ-paris8.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/249","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/sociologie.univ-paris8.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/sociologie.univ-paris8.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/sociologie.univ-paris8.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/sociologie.univ-paris8.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=249"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/sociologie.univ-paris8.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/249\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/sociologie.univ-paris8.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=249"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/sociologie.univ-paris8.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=249"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/sociologie.univ-paris8.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=249"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}