{"id":223,"date":"2007-03-14T14:15:10","date_gmt":"2007-03-14T12:15:10","guid":{"rendered":"?p=223"},"modified":"2007-03-14T14:17:40","modified_gmt":"2007-03-14T12:17:40","slug":"barbara-casciarri-interviewee","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/sociologie.univ-paris8.fr\/?p=223","title":{"rendered":"Barbara Casciarri interview\u00e9e"},"content":{"rendered":"<p>Barbara Casciarri, anthropologue au d\u00e9partement de sociologie de l&rsquo;Universit\u00e9 Paris 8, est actuellement responsable de l&rsquo;antenne soudanaise du CEDEJ. Elle \u00e9tait r\u00e9cemment interview\u00e9e par l&rsquo;AFP :<br \/>\n<a href=\"http:\/\/news.yahoo.com\/s\/afp\/20070311\/wl_africa_afp\/sudansocietyeconomy_070311223441\">Boom or doom? Oil bonanza strains Sudan social fabric<\/a> (par J.M. Mojon) :<\/p>\n<blockquote><p>\nObservers argue that many of the conflicts in Sudan &#8212; whether raging in Darfur, smouldering in the East or brewing in the north &#8212; are fueled by economic marginalisation and the struggle for resources.<br \/>\n\u00ab\u00a0Seen at the macro-economic level, there is undeniable growth. But the story these numbers don&rsquo;t tell is the social cost of liberalisation for most Sudanese,\u00a0\u00bb says Barbara Casciarri, an anthropologist who heads the French research centre CEDEJ in Khartoum.<br \/>\n\u00ab\u00a0If you scratch underneath the usual religious-ethnic label of the conflict, what you have in Darfur is the competition for access to resources,\u00a0\u00bb she argues.<br \/>\nMohammed Kabaj, a veteran economist, also says the repeated failure to give the country&rsquo;s various regions equal education, health and development opportunities has been the main cause of instability.<\/p><\/blockquote>\n<p>(<a href=\"http:\/\/news.yahoo.com\/s\/afp\/20070311\/wl_africa_afp\/sudansocietyeconomy_070311223441\">lien vers l&rsquo;article en anglais<\/a>)<\/p>\n<p>En fran\u00e7ais :<\/p>\n<blockquote><p>L&rsquo;\u00e9conomie soudanaise cro\u00eet sans profiter \u00e0 tous<br \/>\nPar Par Jean-Marc MOJON<br \/>\nlun 12 mar, 10h02\u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0<br \/>\nKHARTOUM (AFP) &#8211; L&rsquo;\u00e9conomie soudanaise, dop\u00e9e par le p\u00e9trole, attire des investissements \u00e9trangers et g\u00e9n\u00e8re de la croissance sans toutefois profiter \u00e0 tous, au risque d&rsquo;attiser les conflits qui agitent le pays.<br \/>\nKhartoum, la capitale, qui n&rsquo;a pas beaucoup chang\u00e9 depuis la colonisation britannique, est en train de se transformer avec un h\u00f4tel futuriste, des b\u00e2timents modernes, des caf\u00e9s et des centres commerciaux.<br \/>\n\u00ab\u00a0J&rsquo;ai vu un type en costume au volant d&rsquo;un Humvee\u00a0\u00bb, une voiture tout-terrain am\u00e9ricaine co\u00fbteuse, s&rsquo;\u00e9tonne Paul Kowk, un conducteur de rickshaw. \u00ab\u00a0O\u00f9 est-ce qu&rsquo;il a eu l&rsquo;argent ?\u00a0\u00bb.<br \/>\n\u00ab\u00a0Je parie qu&rsquo;il vient du p\u00e9trole\u00a0\u00bb, poursuit ce jeune homme qui vit dans la ceinture pauvre de Khartoum et originaire du sud, qu&rsquo;il a fui comme des millions d&rsquo;autres en raison du conflit qui a longtemps ensanglant\u00e9 sa r\u00e9gion.<br \/>\nLe gouvernement table sur une croissance \u00e0 deux chiffres en 2007 et les indicateurs \u00e9conomiques sont au vert, le pays profitant des revenus du p\u00e9trole.<br \/>\nKhartoum voit en outre s&rsquo;\u00e9riger sur le Nil \u00ab\u00a0l&rsquo;oeuf de Kadhafi\u00a0\u00bb, nom donn\u00e9 \u00e0 un h\u00f4tel en b\u00e9ton et en verre, de forme ovale, financ\u00e9 par le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi. En f\u00e9vrier, la ville s&rsquo;est dot\u00e9e d&rsquo;un v\u00e9ritable cinq \u00e9toiles, Rotana al-Salam, un \u00e9tablissement h\u00f4telier de standard international.<br \/>\nLoin des conflits dans certaines r\u00e9gions du plus vaste pays d&rsquo;Afrique, Khartoum vit au rythme des affaires. La ville devient une sorte d&rsquo;Eldorado pour hommes d&rsquo;affaires et attire la main-d&rsquo;oeuvre de pays voisins.<br \/>\n\u00ab\u00a0J&rsquo;ai travaill\u00e9 en Arabie saoudite et au Liban, mais l&rsquo;argent n&rsquo;a jamais \u00e9t\u00e9 aussi facile qu&rsquo;ici\u00a0\u00bb, s&rsquo;extasie Fouda Abdel Monem, un ing\u00e9nieur du b\u00e2timent employ\u00e9 sur un chantier au nord de Khartoum.<br \/>\n\u00ab\u00a0Le pays est sur la bonne voie. Il a besoin de tout et il suffit de venir et de ramasser les contrats\u00a0\u00bb, affirme-t-il.<br \/>\nEn d\u00e9pit des sanctions am\u00e9ricaines, l&rsquo;investissement \u00e9tranger a atteint en 2006 quelque 2,3 milliards de dollars, venant essentiellement d&rsquo;Asie, assoiff\u00e9e de p\u00e9trole.<br \/>\nMais le miracle \u00e9conomique ne profite pas \u00e0 tous.<br \/>\nDans certains quartiers, la pr\u00e9sence d&#8217;employ\u00e9s du p\u00e9trole et de personnel de l&rsquo;ONU a provoqu\u00e9 une explosion des prix de l&rsquo;immobilier comme des services.<br \/>\n\u00ab\u00a0L&rsquo;Etat nous l\u00e2che. M\u00eame l&rsquo;\u00e9lectricit\u00e9 a \u00e9t\u00e9 privatis\u00e9e. Certains sont devenus trop riches, ce qui choque le reste de la population\u00a0\u00bb, constate Amina, une enseignante universitaire \u00e0 mi-temps qui gagne 300 dollars par mois.<br \/>\nLes sp\u00e9cialistes estiment que les conflits ouverts ou latents, comme au Darfour, dans l&rsquo;ouest, sont le r\u00e9sultat de la marginalisation \u00e9conomique.<br \/>\n\u00ab\u00a0Au niveau macro-\u00e9conomique, il y a une croissance, on ne peut pas le nier. Mais ce que cela ne dit pas, ce sont les co\u00fbts sociaux que cette lib\u00e9ralisation a entra\u00een\u00e9s pour la plupart des Soudanais\u00a0\u00bb, rel\u00e8ve Barbara Casciarri, une anthropologue qui dirige le centre de recherche fran\u00e7ais CEDEJ \u00e0 Khartoum.<br \/>\nPour elle, le conflit du Darfour se nourrit de \u00ab\u00a0la comp\u00e9tition pour l&rsquo;acc\u00e8s aux ressources\u00a0\u00bb dans ce vaste pays difficile \u00e0 gouverner du centre.<br \/>\nMohammed Kabaj, un \u00e9conomiste, estime que les \u00e9checs r\u00e9p\u00e9t\u00e9s \u00e0 donner aux r\u00e9gions des structures \u00e9ducatives et de sant\u00e9 et la possibilit\u00e9 de se d\u00e9velopper sont \u00e0 l&rsquo;origine de l&rsquo;instabilit\u00e9.<br \/>\n\u00ab\u00a0En 1997, pas moins de 96% de la population du Darfour vivait sous le seuil de la pauvret\u00e9. J&rsquo;y \u00e9tais et j&rsquo;ai dit au gouvernement que la guerre allait y \u00e9clater. La situation \u00e9tait la m\u00eame dans l&rsquo;est du pays\u00a0\u00bb, dit-il.<br \/>\n\u00ab\u00a0Les trois quarts de la population sont coup\u00e9s du d\u00e9veloppement et l&rsquo;agriculture doit \u00eatre la locomotive du progr\u00e8s\u00a0\u00bb, estime-t-il.<br \/>\n\u00ab\u00a0Le r\u00e9gime pense actuellement moderniser son arm\u00e9e, mais si les prix du p\u00e9trole chutent, ce sera la catastrophe. Modernisons d&rsquo;abord la soci\u00e9t\u00e9 avant de penser \u00e0 la prot\u00e9ger\u00a0\u00bb, plaide M. Kabaj.<\/p><\/blockquote>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Barbara Casciarri, anthropologue au d\u00e9partement de sociologie de l&rsquo;Universit\u00e9 Paris 8, est actuellement responsable de l&rsquo;antenne soudanaise du CEDEJ. 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